Theranos : l’ascension et la chute fulgurantes d’Elizabeth Holmes, une icône de la Silicon Valley


Theranos : l’ascension et la chute fulgurantes d'Elizabeth Holmes, une icône de la Silicon Valley

C’est l’épilogue d’une success story qui a viré au scandale, emportant avec
lui une icône de la Silicon Valley. Aux Etats-Unis, Elizabeth Holmes vient
d’être reconnue coupable d’avoir délibérément trompé les investisseurs de
Theranos, la société qu’elle avait fondée pour révolutionner les tests
sanguins. Un verdict qui fait suite à un procès très médiatique qui a duré
près de quatre mois.

Theranos, valorisé à 10 milliards de dollars

Souvent comparée à Steve Jobs, auquel elle avait emprunté le code
vestimentaire du col roulé, Elizabeth Holmes a connu un succès retentissant
avec son entreprise Theranos dont la valorisation a un temps frôlé les 10
milliards de dollars. Désormais, elle risque de passer de longues années
derrière les barreaux après avoir été reconnue coupable de trois chefs
d’accusation de fraude électronique et d’un chef d’accusation de complot en
vue de commettre une fraude électronique. À l’origine, Elizabeth Holmes
devait répondre de 12 chefs d’accusation. Mais le jury du tribunal de San
Jose en Californie l’a déclarée non coupable de quatre d’entre eux et n’a
pas été en mesure de rendre un verdict sur trois autres tandis qu’une
accusation a été rejetée plus tôt dans le procès.

La dirigeante déchue encourt 20 ans de réclusion pour chaque chef
d’accusation dont elle a été reconnue coupable, mais les experts estiment
qu’il est peut probable que les peines soient cumulées.

En 2003, Elizabeth Holmes, alors âgée de 19 ans, abandonne ses études à la
prestigieuse université de Stanford pour fonder Theranos. Son ambition :
révolutionner le marché des tests sanguins grâce à une technologie à la
fois plus rapide et moins onéreuse. Séduits par le profil et l’éloquence de
cette jeune entrepreneuse, des investisseurs de renoms décident de soutenir
Theranos, parmi lesquels le magnat Rupert Murdoch qui a déboursé 100
millions de dollars pour en être. Au fait de gloire, Theranos était
valorisée à près de 10 milliards de dollars et sa patronne charismatique
encensée comme un modèle de réussite.

A l’origine du scandale

Las, la belle histoire s’est
subitement arrêtée en 2015 à la suite d’un article du le journal Wall Streetrévélant un envers du décor bien différent. Il s’avérait que seule une
petite partie des tests étaient effectués avec Edison, la machine
développée par Theranos et que de nombreuses analyses étaient réalisée sur
les machines d’autres entreprises, en utilisant des échantillons de sang
dilués. L’exactitude des résultats des tests que les patients recevaient de
Theranos était également remise en question. Tout cela a conduit aux
accusations portées contre Elizabeth Holmes en 2018, à un accord amiable
avec la Securities and Exchange Commission et à la fermeture définitive de
Theranos peu après.

Lors de la première phase du procès, les procureurs du gouvernement ont
tenté de démontrer qu’Elizabeth Holmes avait délibérément trompé les
investisseurs et les patients en leur faisant croire que la société était
plus proche de ses objectifs qu’elle ne l’était réellement. Pour sa
défense, ses avocats ont répliqué qu’elle n’avait jamais trompé
intentionnellement qui que ce soit. « Elle croyait qu’elle construisait une
technologie qui allait changer le monde. C’est notre histoire
», a déclaré
son avocat Kevin Downey.

Elizabeth Holmes a également déclaré avoir été victime d’abus de la part de
son ancien associé Ramesh « Sunny » Balwani avec lequel elle entretenait
une relation. Ce dernier sera jugé séparément courant 2022 et a décidé de
plaider non coupable des accusations portées contre lui.


Article de CNET.com adapté par CNETFrance

Image : Tali Mackay, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons



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