Test Realme pad : notre avis


Nous avons testé cette première incursion de Realme sur le marché de la tablette Android, voici nos impressions.

Une tablette familiale élegante

Pas grand chose à reprocher à Realme sur le plan du design et de l’assemblage. Il faut bien l’avouer, le fabricant chinois commence fort sur ce terrain en nous proposant une tablette vraiment élégante et bien construite, avec un châssis en aluminium et une face avant en verre. Très classique dans sa construction, le Realme Pad reprend à son compte les canons de 2021 en matière de design, avec une tablette rectiligne, aux bords plats, aux angles arrondis et aux bordures affinées.

L’impression de qualité et de solidité est excellente pour ce premier jet de Realme sur le marché des ardoises Android… et pourtant, son Pad est un poids plume d’une grande finesse (440 grammes pour 6,9 mm). Le Look du Realme Pad a aussi l’avantage d’être nettement plus moderne que celui conservé par son principal concurrent : l’iPad 9 2021, dont l’esthétique est malheureusement très datée.

En termes de prise en main, rien à reprocher non plus à Realme, du moins à un détail près. Étroit en position portrait, le Realme Pad se tient facilement à une seule main. Une caractéristique à double tranchant : car si elle aide la prise en main, elle s’avère assez frustrante dans le cadre d’une utilisation en format paysage — notamment pour du multitâche. De ce coté, on aura donc clairement tendance à préférer la silhouette plus carré et moins rectangulaire de l’iPad.

Sur le plan de la connectique, la tablette de Realme fait là aussi bonne impression avec son port USB-C et sa prise casque Jack 3,5 mm (en voie de disparition sur les tablettes plus haut de gamme). Un lecteur de cartes microSD est également présent sur la tranche droite, dans une trappe permettant aussi de loger une carte SIM. Si vous le souhaitez, vous pourrez donc rester en permanence connecté sur le Realme Pad en passant par une connectivité 4G.

Le Realme Pad se dote pour le reste de quatre haut-parleurs de qualité honnête bien que très centrés sur les médiums (vous pouvez oublier les graves, il n’y en a pas), et d’un système de reconnaissance faciale dont les prestations sont par contre très aléatoires. On regrette assez vite l’absence de capteur d’empreintes pour palier à ses caprices… mais à peine plus de 250 euros, on ne peut pas tout avoir.

Côté logiciel Realme nous propose une expérience Android 11 pratiquement stock, et donc pur sucre… sans ajout notable de la part du constructeur malgré l’utilisation de la surcouche Realme UI. Une bonne chose, d’autant que contrairement à Huawei nous profitons ici de l’ensemble des applications et services de Google.

Une dalle LCD calibrée avec les pieds

Cet intertitre résume malheureusement bien l’expérience prodiguée par la dalle LCD 2K (2000 par 1200 pixels) de 10,4 pouces ajoutée au Realme Pad. Sur le papier cette dernière est de qualité pour une tablette entrée de gamme. La finesse d’affichage est d’ailleurs très satisfaisante, pour cette gamme de prix, et la luminosité (mesurée par nos soins à 390 cd/m2 en valeur maximale) s’avère elle aussi convaincante pour une utilisation quotidienne.

Les choses se gâtent par contre sérieusement question colorimétrie. Avec notre sonde et le logiciel de mesure Calman Ultime, nous avons notamment relevé un DeltaE à 9 (il devrait idéalement être égal ou inférieur à 3 pour restituer des couleurs fidèles) et une température des couleurs montant à 9785 kelvins (en lieu et place des 6500 kelvins qu’elle devrait en théorie essayer d’approcher). Le panneau IPS de notre Realme Pad se paye donc le « luxe » d’afficher à la fois des couleurs très peu fidèles et bien trop froides. L’écran apparaît donc vraiment terne, et cela nuit quand même un peu à l’expérience globale.

Vous ne profiterez donc pas de vos contenus avec la meilleure qualité d’image, ça c’est certain, mais mais la tablette de Realme se rattrape quand même avec une couverture à 98,3% du spectre sRGB (contre 74,7% pour le gamut DCI-P3) et un contraste honnête, estimé par nos outils à 1439:1. Des valeurs correctes compte tenu du prix de l’appareil.

Juste ce qu’il faut de performances pour le quotidien (mais pas beaucoup plus)

Poussif, mais suffisant dans l’absolu — en tout cas pour l’usage familial ciblé. C’est ce que l’on peut dire des performances du Realme Pad. L’Helio G80 de MediaTek (un SoC entrée de gamme lancé il y a environ deux ans) y est aux commandes, couplé à 4 Go de RAM sur notre exemplaire de test (un modèle 6 Go existe). Cette puce ARM gravée en 12 nm regroupe un total de 8 coeurs CPU (deux cœurs Cortex-A75 à 2 GHz / six coeurs Cortex-A55 à 1,8 GHz), et une partie graphique Mali-G52 MC2.

Tout ce beau monde est bien moins rapide que la puce A13 Bionic de l’iPad 9, les benchmarks ne trompent pas, mais c’était attendu. La petite puce de MediaTek ne fait donc pas de merveilles sur les activités gourmandes et affiche vite ses limites en jeu sur les titres 3D un tant soit peu exigeants. Call of Duty Mobile est par exemple lancé avec une qualité graphique vraiment minimaliste… mais reste néanmoins fluide la plupart du temps.

Au quotidien le Realme Pad demeure assez puissant pour les tâches basiques, même si l’on note quand même quelques ralentissement ponctuels de l’interface.

La journée complète d’autonomie, sans problème

Avec sa batterie de 7100 mAh, l’ardoise de Realme parvient à tenir entre 10 et 12 heures en utilisation polyvalente. Un score honnête, mais légèrement inférieur à ce que propose là aussi l’iPad 9, dont la puce, gravée en 7 nm, se montre sensiblement plus efficace sur le plan énergétique.

Le chargeur 18 W fourni permet quant à lui de regagner les 100% de batterie en environ 2 heures 45 sur une prise secteur. Inutile de préciser qu’on déjà a vu plus rapide.

La photo, surtout en dépannage

Sur la page de présentation de sa tablette, Realme ne fait aucune mention explicite au capteur photo arrière. Ce n’est pas surprenant : ce dernier ne fait pas mieux que les modules photo installés il y a cinq ans sur les smartphones entrée de gamme. En pleine journée, dans de bonnes conditions de luminosité, il se montre correcte sans plus. Malheureusement les clichés obtenus en soirée ou en basse lumière sont très peu détaillés et le traitement logiciel ne parvient jamais à sauver les meubles. En d’autres termes, n’attendez pas grand chose de ce module principal. Il pourra néanmoins s’avérer pratique pour scanner des documents le cas échéant.

Le capteur frontal de 8 Mpx permet en ce qui le concerne des échanges visio corrects, surtout lorsque les conditions de luminosité sont bonnes. Il profite à cet effet d’une lentille grand angle montant à 105 degrés. Pratique pour les appels vidéo à plusieurs, même si l’on observe des bords déformés par ce grand angle à l’image.

Le Realme Pad face à la concurrence :

Avec un tarif de départ fixé à 259,99 euros sur le site officiel de son fabricant, le Realme Pad a pour lui un placement tarifaire agressif. Sa version haut de gamme (6 Go de RAM / 128 Go de stockage) ne dépasse d’ailleurs pas le cap des 280 euros.

Face à lui, l’iPad 9 2021 d’Apple débute à 389 euros en version 64 Go. Autre concurrent : le Xiaomi Pad 5, qui propose une expérience nettement plus haut de gamme pour un prix oscillant entre 350 et 400 euros en fonction des période et des revendeurs.

Conclusion

Le Realme Pad a deux très beaux atouts : son prix et son design. L’ardoise peut compter sur un look moderne et cossu pour séduire, mais aussi sur un tarif attractif — largement moins de 300 euros quelque soit la version choisie. De quoi permettre un positionnement judicieux de la première tablette de Realme sur le marché. Pour aller chercher ce niveau de prix, le fabricant chinois a néanmoins fait quelques concessions. Selon nous, la plus importante est à chercher du côté des performances, correctes mais limitées, voire poussives. On regrette en parallèle que Realme n’ait pas plus soigné la question de l’affichage. En l’état, la dalle Full HD+ de son Pad est juste convenable car mal calibrée.



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