Le métavers n’est pas ce que vous croyez, car nous ne savons pas (encore) ce qu’il est


Le métavers n'est pas ce que vous croyez, car nous ne savons pas (encore) ce qu'il est


Alors que le terme métavers a fait une entrée en force dans l’actualité
l’année dernière et s’annonce comme l’une des tendance phares de 2022, la
réalité que recouvre ce concept présenté comme une révolution est encore
loin d’être claire comme de l’eau de roche. « Il ne s’agit pas seulement de
casques VR et AR
», explique notre confrère de CNET.com Scott Stein. Le
métavers sera beaucoup plus nuancé que les plateformes techniques
auxquelles il est superficiellement associé.

Même l’expression « le métavers » est trop simpliste. En effet, un certain
nombre de métavers émergeront sur le modèle des réseaux sociaux, une
poignée devenant dominants et largement incompatibles. « Tout le monde
promet l’interopérabilité, mais l’histoire suggère que ce sera
multiplateforme et semi-compatible
», prédit Scott Stein, qui se dit tout
de même intrigué par la « portabilité transfrontalière » envisagée par
Méta
, anciennement Facebook. En tout cas, le terme « métavers » ne devrait pas
être précédé d’un « le » car il n’y en aura pas qu’un seul.

Et que dire de tous ces avatars guindés et infantiles qui ne sont
vraisemblablement que transitoires, en attendant que la détection des
visages et du regard en temps réel ainsi que des effets tactiles haptiques
viennent apporter le réalisme qui rendra l’expérience vraiment immersive et
crédible.

Capture d’écran par Sarah Tew/CNET

L’appât du gain est déjà là

Au-delà de la sémantique et de l’interface utilisateur, il y a les
motivations fondamentales des métavers. La cryptomonnaie tout comme les
NFT sont deux moteurs importants. « Vous pouvez sentir le paysage changer…
parce que l’argent est là
», constate Scott Stein. Déjà, des sommes
astronomiques sont dépensées en crypto et NFT pour acquérir des terrains
virtuels dans des emplacements prisés de certains métavers.

Outre les jeux vidéo, le travail est peut-être le point de départ essentiel
des métavers, notamment du fait de la pandémie et de son influence la vie
professionnelle. Les salles de travail Horizon de Meta ont été lancées en
version bêta publique l’année dernière, offrant un lieu entièrement virtuel
où les collègues peuvent se rencontrer sous la forme d’avatars et utiliser
des outils de productivité. C’est aux employeurs et à leurs spécialistes de
la culture d’entreprise qu’il revient de déterminer si la rencontre avec
des avatars dans un monde synthétique peut remplacer la magie supposée des
bureaux physiques.

La vision de Lenovo, qui consiste à utiliser la réalité augmentée pour créer des espaces de travail virtuels dans le monde réel, est un bon indicateur de la direction que peuvent prendre les métavers

Le mélange des mondes réel et virtuel dans les salles de travail Horizon de Meta s’étend aux interfaces de travail communes telles que les claviers et les tableaux blancs

Un avènement encore peu prévisible mais inévitable

A l’heure actuelle, les métavers présentent tous les signes classiques de
la surmédiatisation : une première expérience à succès qui n’a pas duré
(Second Life), une association avec du matériel que très peu de gens ont
intérêt à adopter (casques de réalité virtuelle et augmentée), le sentiment que les promoteurs de métavers sont prêts à
dire n’importe quoi pour faire beaucoup d’argent avec le concept, et
d’importants défis techniques dont on ignore encore à quelle échéance ils
pourront être surmontés.

Chez Microsoft, l’approche du métavers passe par la réalité augmentée. La fusion du travail dans le monde réel avec la co-présence humaine virtuelle est une idée intéressante

Pour autant, l’avènement des métavers semble inévitable. Les téléphones,
ordinateurs portables et tablettes ne peuvent pas être notre seul horizon
technologique, les cryptomonnaies semblent faire taire les sceptiques,
comme Tesla l’a fait il y a environ trois ans, et notre appétit insatiable
pour le web actuel prouve amplement que nous tolérerons les soubresauts sur
la route vers son successeur.


Article de CNET.com adapté par CNETFrance

Image : Sarah Tew/Crumpe



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